Système nerveux & Régulation

Ce que tu appelles paresse

Ton corps, lui, appelle ça survie

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Femme assise dans un fauteuil, lumière naturelle latérale — Ce que tu appelles paresse, ton corps appelle survie

Le corps qui ne se lève plus n'est pas un corps qui abandonne. C'est un corps qui protège.

Il y a une phrase que j'entends dans mon cabinet, au moins une fois par semaine.

« Je suis tellement paresseuse. Je ne comprends pas ce qui m'arrive. »

La femme qui dit ça a quarante ans, deux enfants, un poste à responsabilités. Elle a tenu des années à ce rythme. Et puis un matin, le corps ne s'est plus levé. Pas vraiment. Il était là, debout, fonctionnel, mais quelque chose était parti.

Ce n'est pas de la paresse.
Ce n'a jamais été de la paresse.

Partie 01

Ce que votre système nerveux fait pendant que vous vous jugez

Le système nerveux autonome fonctionne selon une logique très ancienne, bien antérieure au langage, aux agendas, aux notifications. Il évalue en permanence une question simple : suis-je en sécurité ?

Quand la réponse est non. Et elle peut l'être pendant des années sans que vous le sachiez. Il choisit alors parmi trois réponses possibles : combattre, fuir, ou se figer.

Le figement est la moins connue des trois. C'est celle que le corps choisit quand les deux premières ont échoué. Quand on ne pouvait pas fuir : obligations, dépendances affectives, contrats. Quand on ne pouvait pas se battre : éducation, peur du conflit, position sociale. Alors le système nerveux fait ce qu'il sait faire de mieux pour protéger : il ralentit tout.

Le psychiatre Bessel van der Kolk a passé trente ans à documenter ce que le corps fait avec ce qu'on ne peut pas traiter autrement. Sa conclusion est simple et radicale : le corps garde le score. Il note tout. Il archive tout. Dans le tissu musculaire, dans les fascias, dans la texture même de la respiration.

Partie 02

Ce que le figement ressemble de l'intérieur

Le matin, même après huit heures de sommeil, quelque chose ne s'allume pas complètement. Le café aide. Le bruit du tram aide. Mais il y a une couche en dessous qui reste sourde, lourde, comme du coton mouillé dans la cage thoracique.

Les choses qui autrefois donnaient de l'élan ne produisent plus le même effet. L'envie existe intellectuellement. Le corps, lui, ne suit pas.

Et par-dessus tout ça : la honte. Qu'est-ce qui m'arrive. Je devrais être capable. Les autres y arrivent.

Partie 03

Ce que la Kinésiologie TFH lit dans le corps

En séance, je ne commence jamais par demander ce qui ne va pas. Je commence par poser les mains.

Les fascias, ce réseau de tissu conjonctif qui enveloppe chaque muscle, chaque organe, chaque fibre nerveuse, ont une propriété que la recherche documente sérieusement depuis vingt ans. Robert Schleip et Carla Stecco ont montré que les fascias ne sont pas de simples enveloppes passives. Ce sont des organes sensoriels à part entière, capables de transmettre de l'information à une vitesse et une précision que les muscles eux-mêmes n'atteignent pas.

Quand je travaille sur le plexus solaire, les diaphragmes, les chaînes postérieures : je ne cherche pas à forcer une détente. Je cherche à créer les conditions dans lesquelles le système nerveux peut, de lui-même, sortir du figement.

« On ne force pas un corps à se détendre.
Le corps ne connaît pas la volonté.
Il connaît la sécurité. »

Partie 04

Ce qui change après une séance

Les personnes qui viennent pour fatigue chronique me décrivent souvent la même chose après les premières séances : une sensation d'espace dans le thorax. Comme si quelque chose qui était serré depuis longtemps avait légèrement desserré.

Ce n'est pas spectaculaire. Ce n'est pas une révélation. C'est juste : ah. C'était ça.

Et dans les semaines qui suivent, le sommeil change. L'irritabilité diminue. L'envie commence à revenir, pas par volonté, mais parce que le système nerveux a reçu le signal qu'il attendait.

À essayer ce soir

Trente secondes, une main sur le sternum

  1. 1Posez une paume à plat sur le sternum. Laissez le poids de la main.
  2. 2Respirez par le nez, lentement.
  3. 3Ne cherchez rien. Sentez juste le contact.

Ce geste simple active le nerf vague, cette voie entre le cerveau et les organes que le chercheur Stephen Porges a identifiée comme le régulateur central du sentiment de sécurité. Trente secondes suffisent à amorcer quelque chose.

Votre corps ne ment jamais. Il attend juste d'être entendu.

Nuque · Poitrine · Ventre

Où sentez-vous ce coton mouillé, vous ?

Ce qu'on fait, en séance

En kinésiologie fasciale, on ne travaille pas sur la pensée du figement. On travaille sur ce que le corps a appris à faire pour se protéger : la respiration qui se retient, le thorax qui se comprime, le ventre qui se durcit dès que la journée commence. Le corps stocke ces gestes-réflexes. On peut les visiter, les écouter, les libérer doucement.

Le système nerveux a besoin de nouvelles preuves. Pas de discours. De preuves sensorielles : un espace qui ne juge pas, un toucher qui ne demande rien, une respiration qui retrouve sa pleine course. Petit à petit, le corps comprend que ralentir n'est pas mourir. Que se reposer n'est pas abandonner.

C'est lent. C'est doux. C'est juste.

Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. L'accompagnement proposé s'inscrit dans une démarche de bien-être et de régulation psycho-corporelle.